Bougies

J'ai vingt trois ans aujourd'hui.

Pour vous, ça peut vous paraître peu. J'ai d'ailleurs pris l'habitude d'avoir ce genre de réactions. Quand Julien m'a demandé pour la première fois ce que je faisais dans la vie, et que je lui avait répondu que j'étais lycéen (à 17 ans), il n'en revenait pas ; il était persuadé que je démarrais ma vie active, ou du moins, que j'étais largement dans mes études supérieures.

 Anonyme

Il faut dire que je cultivais pendant longtemps cette ambiguïté, sur Internet, alors que j'étais quasiment anonyme. À l'époque, d'ailleurs, ça ne se faisait pas trop de s'épancher sur le net public de ses déboires du lycée. On préférait s'exprimer via des statuts MSN truffés de smileys bizarres, de couleurs épiques et de compteurs débiles.

Je suis sur Internet depuis assez longtemps, presque 1999. Ma boîte e-mail de l'époque, stanislas.signoud@club-internet.fr, est liée à un opérateur qui n'existe plus et que le monde a oublié. J'ai connu le 56k (un peu), les modems ADSL en USB (beaucoup), la Freebox sans Wifi intégré.

Récemment, je me suis rappelé de la première communauté dans laquelle je me suis investi, la Click Communauté. Un groupe de fans d'un logiciel, The Game Factory, qui permet de créer des jeux facilement. Bizarrement, je n'ai jamais sorti un seul jeu avec cet outil, mais j'ai participé à un blog/magazine/journal en ligne de l'époque, Clikmag, qui tenait la communauté à jour des événements qui s'y produisaient. Déjà derrière des médias sur le net, que voulez-vous…

Dans cette communauté-là, mon âge n'était pas public. Certains administrateurs le connaissaient (12-13 ans à l'époque), et n'en tenaient pas rigueur. Ça n'avait pas d'importance, tant que je participais dans la bonne humeur en créant news, tests et même projets de « boîte mail » et de « Clikmag Connect » (spoiler : ça n'a jamais abouti).

 Synops, sans Live

J'ai pris beaucoup de temps à franchir le pas pour participer à ma première « IRL », craignant que mes parents voient bizarrement le fait que j'allais traverser la France pour rejoindre des gens étranges mais sympathiques qui jouent au jeu de rôle.

Ces gens-là, c'était les gens de feu la communauté Synops, un forum gravitant autour de Reflets d'Acide. J'y ai gravi tous les échelons : de simple lurker passant son temps à lire en masse quasiment tous les messages y transitant, je me suis présenté (formalité alors obligatoire), puis à poster un peu partout des idées et proposer mes compétences d'alors.

Après avoir fondé un channel (#rda, qui deviendra plus tard #synops), puis un Wiki éphémère, on me donna accès à un espace privilégié pour les VIP, la Benco Box, dédiée aux fans et amis de JBX, l'administrateur du forum. Un espace un peu plus tranquille pour parler de ses futurs projets et en savoir plus sur les uns et les autres.

Après une petite année et une rencontre IRL à laquelle je n'ai pas pu participer (faute de faire le nécessaire auprès de mes parents), j'apprends qu'il y a une nouvelle rencontre qui se fait à La Rochelle. De l'autre côté de la France, en bon Haut-Savoyard que j'étais ; cela ne m'a pas empêché de demander l'autorisation à mes parents et à prendre pour la première fois le train, me rendre pour la première fois à Paris (pour faire une correspondance, mais tout de même !), rencontrer pour la première fois des inconnus des Internets. Une expérience marquante.

 Au revoir, pingouin

Lorsque j'ai choisi de ne plus utiliser mon avatar, le pingouin, mais ma véritable photo et mon vrai nom (à côté de mon nickname, Signez), je me suis rendu compte que j'avais passé un cap : le fait d'assumer ce que j'écrivais.

Forcément, je n'assume pas toutes les centaines billevesées que je déverse sur Twitter chaque mois, ni certaines casseroles que ne manquent jamais de diffuser certains membres de l'équipe de SynopsLive.

Cependant, j'ai vraiment l'impression aujourd'hui de pouvoir répondre auprès d'un employeur, d'un proche ou d'un inconnu de la majorité de ce que j'écris publiquement sur Internet. Libre à eux de me comprendre, d'accepter ou non mes prises de positions, mes idées, ce que je suis et ce que je veux faire de ma vie.

C'est nouveau. Je ne pense pas avoir toujours accepté qui j'étais, où je me trouvais sur un plan moins pragmatique et plus idéaliste.

L'image que les gens ont de moi semble très tranchée. Bavard, tête-en-l'air, désordonné, perfectionniste, lent, dispensable, impertinent voire insolent, décevant ou encore « exagérant », certains s'amusent à me croquer dans mon dos d'un trait peu flatteur. Je ne peux pas leur en vouloir : ils visent souvent juste, et je travaille tous les jours à devenir meilleur à tous les niveaux.

D'autres me trouvent sympathique, ouvert, empathique, pertinent, expert, touche-à-tout, efficace, ambitieux, entrepreneur, drôle (si.), et même mignon. Si je ne suis pas trop convaincu pour ces deux derniers points, j'espère que vous êtes plus nombreux à avoir confiance en moi au quotidien, ou, à défaut, en mon envie d'être à vos côtés.

Aujourd'hui, je fête mes vingt trois ans, mais aussi les 6.7 ans de SynopsLive, mes 1 an chez Capitaine Train, mes 6.2 ans sur Twitter, mes 5.5 ans sur Facebook, mes 1.05 ans sur LinkedIn.

Et vous êtes toujours là. ♥

 
59
Kudos
 
59
Kudos

Now read this

Casse le Stick

Explosée en plein vol. L'antenne de SynopsLive s'est effondrée lundi soir sous l'effet d'une émission semi-prévue, avec des invités drainant littéralement des milliers d'auditeurs. Récit de deux heures d'équilibriste en moonboots. Du... Continue →